mardi 13 mars 2012

Enfants en otage

Je travaille dans les droits d'accès. C'est-à-dire le droit à un parent et un enfant de conserver le lien malgré le passé. Nous faisons des visites supervisées pour les parents qui ne peuvent voir leur enfant autrement, suite à une demande du Centre Jeunesse ou de la cour. Nous offrons également le service d'échange de garde. Ce service a été mis en place afin de diminuer la tension entourant les échanges de garde lors de séparations. Les parents qui ne peuvent se rencontrer sans qu'il y ait conflits, tensions et négatif se présentent à mon travail chacun avec un délai de 30 minutes. Durant cette période, nous prenons soin de l'enfant. De cette façon, l'enfant n'est pas témoin du conflit parental puisque les parents ne se voient pas. Ils ne se parlent pas non plus, nous assurons l'échange de l'information importante.

Ce n'est pas l'idéal pour une séparation, on en conviendra. Tout le monde rêve d'une séparation où les deux parents se respectent et s'entendent sur un point commun: le bien-être des enfants.

Mais voilà. Nous existons. Nous avons beaucoup de travail. C'est donc que ce service est d'une grande aide. Il est essentiel à mon point de vue. Surtout depuis ma deuxième séparation du père. Parce que c'est utopique de croire que toutes les séparations se passent comme on le voudrait. Et c'est prouvé scientifiquement que ce n'est pas la séparation qui fait le plus de mal aux enfants à long terme, mais bien les conflits entourant la séparation.

Oui, je fais partie du lot qui devrait être cliente de mes services. Pourquoi? parce que mes garçons, présentement, souffrent terriblement des conflits post-séparation. Cette fois-ci, pour la deuxième fois que je me sépare d'avec le papa, ma décison est sans appel. Et cette fois-ci, je l'ai exprimé rapidement et clairement. Afin qu'aucune faille ne vienne alimenter le désir et la perception du père de gaspiller son énergie à nous gâcher la vie pour une deuxième fois....au cas où....qu'il pense que je serais assez naïve une troisième fois pour retourner avec. Pour les enfants.

C'est parce que le monsieur m'en veut de ne pas l'aimer. Il m'en veut de ne pas habiter avec lui malgré que notre relation amoureuse est inexistante. Il m'en veut de ne pas endurer ma vie avec lui pour avoir une maison pour les garçons. Et à partir du moment où il a enligné ses pensées avec le filtre "de la faute de madame", madame et ses fils subissent un vrai calvaire.

Je peux gérer cela. Je peux absorber le fait qu'il m'en veuille, que je sois la pire égoïste de la terre d'avoir écouté mes besoins, que j'ai toujours pris des décisions pour gâcher sa vie, que j'ai absolument rien tenté pour que cela refonctionne, que le l'ai niaisé dès le départ, que moi, mon but dans la vie... est de gâcher la sienne...Je peux.

Mais de voir mes fils se faire ramasser comme des éponges émotionnelles, manipulés d'une tonne de frustration paternelle, c'est autre chose.

A la séparation, le père m'a ordonné, et je dis bien ordonné, de ne pas voir de monsieurs la semaine que j'ai les garçons. Durant le déménagement, avec toute la beauté des circonstances de la vie, je rencontre un dit-monsieur. Et il s'avère que je tombe amoureuse.  Et le dit-monsieur aussi. Ça tombe bien.

Le père apprend mon intérêt pour mon amoureux actuel en regardant mes courriels à la façon d'un détective, c'est-à-dire sans ma permission. Je suis séparée d'avec lui depuis un moment. Je suis sur le point de déménager. J'en convient, c'est rapide. Mais je l'ai expliqué dans le dernier post.

Pour toutes les raisons du monde, je voulais prendre mon temps avec cette relation. Je voulais intégrer les éléments naturellement à cette nouvelle relation, en temps et lieu, c'est-à-dire ma famille. Mes enfants.

Mais le père des enfants y a vu une occasion en or de bien s'installer dans son rôle de victime. Et surtout une occasion en or de manipuler la galerie d'humains faisant partie de son entourage. Ses enfants en premier lieu. Alors avant même que ma relation ne soit officialisée, mes fils m'ont annoncé que j'avais un amoureux. Et le portrait de l'amoureux, vous en conviendrez, n'était pas celui d'une bonne personne, attentive, qui aime les enfants. Et c'est sans parler du fait que papa leur a dit que j'allais changer de ville et déménager chez le-dit amoureux, ce qui est totalement faux et hors contexte puisque la relation existe depuis peu. Imaginez ce qui peut se passer dans la tête de mes fils.

J'ai donc décidé, tant qu'à faire spinner le père déjà dans tous ses états, de faire d'une pierre deux coups, c,est-à-dire de le faire "rusher" une seule et unique fois au lieu d'étirer sa frustration dans le temps. J'ai présenté mon amoureux à mes fils. Pour qu'ils voient que maman a un amoureux gentil. Pas méchant. Lors de la première séparation, je suis restée célibataire une année complète pour ne pas faire disjoncter monsieur. Et monsieur a disjoncté quand même, en double. Je ne regrette donc pas mon choix, puisque je n'ose pas imaginer mes fils rencontrer la personne 6 mois plus tard...avec 6 mois de bourrage de crâne que la-dite personne n'est pas une bonne personne. Je leur ai donc présenté les faits, simplement. Mes fils ont aimé la-dite personne. Oui, il y a des signes qui ne démentent pas. Ils rient en sa présence. Ils restent plus longtemps à la maison alors qu'ils devaient être ailleurs. Et les 4 fois qu'il l'ont vu, c'était lors d'une activité ou quelques minutes à la maison. Nous y allons quand même graduellement, pour ne pas leur imposer ce changement en plus.

Vous vous demandez sans doute où je veux en venir. Ce matin, mon plus vieux, adolescent, avait mal au coeur. C'est qu'il a toujours mal au coeur depuis des semaines. Le stress. Et à sa place, je vomirais également d'être pris dans ce conflit malgré lui. Malgré toutes mes tentatives, bonnes ou moins bonnes, de réduire les effets néfastes de ce conflit. J'ai parlé au psy de l'école, qui me rassure et me dit qu'ils vont s'en occuper, ils ont l'habitude. On est en 2012, il a vu des tonnes d'enfants dans sa situation. Heureux hasard, le père fait les mêmes démarches de son côté, et parle au même psy, le même matin. Avec un autre discours, évidemment.  Celui du: "la mère est rendue folle, elle est dans sa bulle, elle nous a laissé, elle fait exprès pour ne pas vouloir écouter mes 60 000 messages chiants et menaçants hebdomadaires..sniff sniff." J'ai l'air froide. Mais je ne le suis pas. J'ai juste décidé, avec le passé tel qu'on l'a vécu, de rester un pillier solide cette fois-ci et de ne pas laisser ses paroles manipulatrices et ses mensonges-interprétations de travers nous affecter. Je ne réagis donc plus à ses sautes d'humeur. Pas en a présence du moins, ni celle des enfants. Mais la version donnée au psy importe peu, puisqu'il ne les retient pas. Il s'intéresse à l'enfant et comment il le vit. Et c'est excellent comme ça. Parce que c'est l'enfant le plus important. C'est l'enfant qu'il faut aider, protéger.

J'ai donc un espoir ce matin, que le père allume que le psy est là pour notre garçon, pour l'aider, et que les deux parents doivent gérer la situation en adulte pour que les petits soient bien. Je me dis qu'il va enfin vouloir se présenter chez le médiateur tel que prévu la semaine prochaine. Mais il n'a rien compris. Il a doublement mis des trucs dans la tête de mon fils ce soir, qui tout à coup, me dicte des exigences qui vont à l'encontre de ce qu'il m'a dit pas plus loin que la semaine dernière. Comme des interdictions de voir certaines personnes, incluant l'amoureux. C'est compliqué à expliquer. Et je détaillerai sans doute dans un autre post. Mais pour faire rapide, le père, lorsqu'il tente de  passer les exigences directement avec moi, ça ne passe pas car il n'a aucun regard sur ma vie, et elle est gérée intelligemment, du moins du mieux que je le peux. Mais comme il n'a aucune faille par où entrer, il passe par mon fils. Oui, les garçons sont devenus les vecteurs de la frustration du père. Et ils accomplissent bien malgré eux les messages, sans doute en tentant de minimiser le conflit. Je n'en rajoute pas plus sur leurs épaules, donc j'écoute ce qu'ils ont à dire. Et je tente de diminuer ce malaise en rationnalisant les faits. Mais dans mon fort intérieur, je rage. Je rage de peine d'imaginer ce qui se passe dans leur fort intérieur à eux. Comment oser mettre sa souffrance sur les épaules d'un enfant?

Pour ceux et celles qui lisent ce blogue et qui sont en pleine séparation....réfléchissez. Pensez à épargner vos enfants. S'il-vous-plaît. Malgré ce que l'autre conjoint peut vous avoir fait, lorsque vous pensez lui faire du mal à lui en prenant les enfants en otage dans la séparation, dites-vous que ce n'est pas à lui que vous faites le plus de mal. C'est à vos propres enfants.

2 commentaires:

  1. Il s'agit d'un billet très intéressant, car il est si difficile dans nos relations de ne pas laisser transparaître nos frustrations et nos suspiscions à travers des gens qui ne sont même pas consernés.

    Ton ex a besoin d'une personne pour ventiler ses frustrations. Ce qui est sein. Il doit trouver la bonne et laisser les enfants en dehors de tout ça...

    Courage!

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  2. Ouf, c'est pas facile tout ce que tu vis. Probablement que d'écrire t'a fait un bien énorme et je souhaite de tout coeur que la situation ne perdure pas et que tes enfants redeviennent des enfants, simplement :-)

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